Port du masque : la Suède fait de la résistance

Port du masque : la Suède fait de la résistance

Pendant qu’en France, et dans le reste du monde, le port du masque se généralise jusque dans la rue, un pays d’Europe résiste encore et toujours à cette mesure pour lutter contre la pandémie : la Suède. Le pays scandinave s’était déjà fait remarquer au printemps en refusant de confiner sa population pour éviter une crise économique trop importante. Aujourd’hui, il continue de rejeter le port du masque, qui n’apparaît nulle part dans les recommandations sanitaires de l’agence de santé publique suédoise.

Le bilan humain de la pandémie en Suède est pourtant loin d’être le meilleur : au 27 août, 5 820 personnes y sont mortes du Covid-19, soit 57 décès pour 100 000 habitants. Un chiffre, certes, loin des 86 morts pour 100 000 habitants en Belgique, ou des bilans espagnol et britannique (62), mais proche de celui des États-Unis (55) et de l’Italie (59), deux pays fortement touchés. En France, l’épidémie a fait 46 décès pour 100 000 habitants.

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Distanciation physique

Mais le gouvernement suédois assume sa stratégie. Dans une vidéo publiée début juillet, la ministre de la Santé, Lena Hallengren, rappelle que « tous les pays font du mieux qu’ils le peuvent » mais estime que « personne ne sait quel est le meilleur comportement à adopter face à ce virus ». « Les pays agissent différemment en fonction de la manière dont se propage le virus et la façon dont est organisée la société. »

La stratégie suédoise repose en fait quasi exclusivement sur la distanciation physique ? ainsi que sur l’hygiène ? quand, en France par exemple, elle est souvent assouplie et complétée par le port du masque. Les rassemblements de plus de 50 personnes y sont notamment toujours interdits, et le télétravail doit être favorisé jusqu’à la fin de l’année pour ne pas engorger les transports.

© Fournis par Le PointDans les rues comme dans les transports, la Suède préfère miser sur la distanciation physique plutôt que sur le port du masque. © JEPPE GUSTAFSSON / TT NEWS AGENCY / TT News Agency via AFP

« Des effets pervers induits par le port du masque »

L’épidémiologiste en chef de l’agence de santé publique suédoise, Anders Tegnell, a estimé le 24 août sur LCI qu’il était « dangereux de voir les masques comme la solution à cette pandémie ». Dans Le Figaro, il se justifie et pointe « les études et les preuves scientifiques » sur l’efficacité du port du masque, qui, selon lui, « sont étonnamment faibles ».

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Anders Tegnell estime surtout que le masque pourrait conduire à un relâchement de la distanciation et des gestes barrières. « Il peut y avoir des effets pervers induits par le port du masque, qui peut être contaminé et que l’on touche. » Un discours étonnant aujourd’hui, mais qui était celui de l’OMS ? et des autorités françaises ? il y a encore quelques mois, au début de la pandémie, avant que la connaissance scientifique sur la transmission du virus n’évolue.

Si, au début du mois, ses voisins étaient encore sur la même ligne, le Danemark, la Finlande et la Norvège ont finalement décidé, mi-août, d’imposer ou de recommander le port du masque dans les transports publics. Pas de quoi faire douter les autorités suédoises, qui mettent en avant le ralentissement des contaminations dans le pays depuis l’été. Au Figaro, Anders Tegnell assure ne pas être totalement fermé à l’idée des masques : « Si la contamination s’accélère, si nous avons des problèmes dans les bus et les trains, c’est bien sûr une solution que nous regarderons de près. »

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