Etats-Unis: Les poursuites contre Afro-Américain jugé six fois pour le même crime abandonnées

Etats-Unis: Les poursuites contre Afro-Américain jugé six fois pour le même crime abandonnées

Curtis Flowers, qui a toujours nié être l’auteur d’un meurtre commis en 1996 dans le Mississippi, a passé 23 ans derrière les barreaux et restait sous la menace d’un nouveau procès

Après six procès pour le même crime, quatre condamnations à la peine capitale annulées en appel et une assignation à résidence, il est enfin libre. Vendredi, la justice américaine a annulé les poursuites contre Curtis Flowers, un Afro-Américain qui a passé 23 ans derrière les barreaux pour un meurtre qu’il a toujours nié. Cette décision représente le point final d’une affaire qui a illustré les dérives du système judiciaire américain auxquelles s’était intéressé le podcast In the Dark.

«Je suis enfin libéré de l’injustice qui m’a maintenu dans une boîte pendant 23 ans», a-t-il commenté dans un communiqué. «Le jour pour lequel j’ai tant prié est enfin arrivé!»

Aucun juré noir

Le droit américain interdit d’organiser un nouveau procès quand un accusé a été acquitté. Mais cela n’a jamais été le cas pour Curtis Flowers: ses trois premiers procès se sont conclus sur des reconnaissances de culpabilité, avant d’être annulés en appel pour des vices de procédure. Les deux suivants n’ont pas débouché sur un verdict, faute d’unanimité parmi les jurés.

En 2010, lors du dernier procès, il avait été condamné à la peine capitale, mais la décision avait été annulée en 2019 par la Cour suprême des Etats-Unis, au motif que les citoyens noirs avaient été volontairement écartés par l’accusation lors de la sélection des jurés. En décembre, il avait finalement été remis en liberté sous caution, mais la menace d’un septième procès restait entière.

L’obsession d’un procureur

Le même procureur, Doug Evans, avait gardé la main sur l’ensemble de l’accusation. Lors de l’audience devant la Cour suprême, une des magistrates avait dénoncé sa «passion» pour le dossier.

En janvier, il avait finalement accepté de s’en dessaisir et la procureure générale du Mississippi, Lynn Fitch, l’avait repris à zéro. C’est elle qui a finalement requis l’abandon des poursuites, qui a été validé vendredi par un juge. Au-delà de la question raciale, le dossier de Curtis Flowers illustre «l’absence de contrôle sur les procureurs» élus dans le système judiciaire américain, selon la journaliste Madeleine Baran, qui a fait connaître l’affaire au grand public dans le podcast In the Dark.

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